Le ministre délégué à la Transition écologique en visite dans les Ardennes sur le dossier PFAS
La visite de Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, dans les Ardennes ce jeudi avait une double portée : symbolique d'abord, en saluant la mise en service d'une installation de traitement de l'eau au charbon actif sur la commune de Thénorgues, curative ensuite, avec l'annonce d'un texte réglementaire censé prévenir la répétition de la contamination aux PFAS qui touche douze communes Ardennaises depuis plusieurs mois.
C'est Bruno Tristant, Premier adjoint à la mairie de Thénorgues et Président du syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable (SIAEP), regroupant sept communes, qui a accueilli le ministre. L'homme connaît le dossier dans ses moindres détails. Depuis juillet dernier, son syndicat a distribué 19 000 packs d'eau, soit 116 000 bouteilles, pour un coût de 23 000 euros, à ce stade non remboursés. L'installation de traitement au charbon actif, opérationnelle depuis le 14 mars et autorisée par arrêté le 3 avril, a coûté 160 000 euros hors taxes, intégralement financés par l'agence de l'eau Seine/Normandie, l'État via la DETR et la région Grand Est. Le fonctionnement représente en revanche une charge récurrente à raison de 40 000 euros par an selon les estimations. Pour les 470 habitants desservis, la facture d'eau augmentera de vingt centimes.
Le charbon actif, la solution pour toutes les communes touchées ? La réponse du ministre Mathieu Lefèvre, au micro de Radio 8
Mathieu Lefèvre a présenté un projet de circulaire, cosigné avec la ministre Monique Barbu, qui doit être publié d'ici une quinzaine de jours. Le texte prévoit d'imposer aux préfets des mesures de contrôle des boues issues des stations d'épuration les plus importantes, avec la définition d'un seuil conservatoire. En deçà de ce seuil, l'épandage reste autorisé. Au-delà, les boues devront être incinérées, après procédure contradictoire. Un arrêté prescriptif plus contraignant est annoncé pour l'été, une fois que le Haut conseil de la santé publique aura fixé les valeurs de référence.
Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique, a fait le point sur la situation actuelle dans les Ardennes
Bruno Tristant, ancien agriculteur, a plaidé devant le ministre pour que les industriels ne puissent plus épandre leurs boues sur les terres agricoles. Une position que le premier adjoint défend sans ambiguïté : « les agriculteurs sont là pour conserver la terre, pas pour y enfouir des produits dont personne n'a mesuré la nocivité ». L'élu évoque également des pistes de travail autour des cultures à faible fixation de PFAS, comme le chanvre ou le miscanthus, dans le cadre d'un schéma directeur à venir.
Le ministre a enfin reconnu une lacune dans la consultation préalable des communes concernées. Une réunion en visioconférence est prévue dans deux semaines, au moment de la publication de la circulaire, et le texte sera envoyé par mail à l'ensemble des maires touchés.













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