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Grave agression au travail : « Des conséquences intimes, personnelles et professionnelles graves » pour un salarié d'AFS

30/06/2025 - 16:51 - Rédigé par Candide Blomme

Grave agression au travail : « Des conséquences intimes, personnelles et professionnelles graves » pour un salarié d'AFS

Une audience judiciaire a eu lieu pour examiner les circonstances d'une agression particulièrement grave survenue le 24 octobre 2023 au sein de l'entreprise AFS de Sedan. Deux employés, Anthony, né en 2000, et Messaoud, né en 1973, ont été jugés pour violences volontaires aggravées, en réunion et avec arme par destination.


Les faits


Les faits remontent à octobre 2023, lorsque les deux prévenus, Anthony et Messaoud, ont été impliqués dans une blague sordide qui a mal tourné. La victime, un collègue de travail, a subi des violences physiques extrêmes. Selon les témoignages, la victime a été maintenue par Messaoud tandis qu'Anthony utilisait une soufflette à haute pression, de 6 à 7 bars, provoquant des blessures graves. La victime a décrit avoir senti une explosion dans son ventre, entraînant une douleur insoutenable, un évanouissement, et des blessures nécessitant des interventions chirurgicales urgentes.

La victime a perdu une partie de ses organes internes, incluant une section de son intestin et de son côlon, en raison de la nécrose et d'une péritonite. Aujourd'hui, elle souffre de douleurs persistantes, de troubles du sommeil, et de limitations dans ses déplacements en raison de son système digestif dysfonctionnel.


Des plaidoiries contrastées


Les avocats des parties ont présenté des arguments contrastés. Maître David Meunier, représentant l'un des prévenus, sans, en aucun cas, minimiser l'incident, a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une "chamaillerie". À l'inverse, Maître Richard Delgenès, avocat de la victime, a insisté sur la gravité des blessures subies par son client, soulignant que la lourde chirurgie qui avait suivi l'incident n'était pas un événement anodin.


Maître David Meunier, avocat de Messaoud, est revenu sur sa demande de relaxe devant le tribunal pour son client


Pour Maître William Ivernel, avocat de l'entreprise AFS, citée au titre de la responsabilité civile pour les actes commis par deux salariés dans le cadre de leur travail, on ne peut pas rendre l'entreprise responsable de violences volontaires ou de manquement à la sécurité


La procureure de la République, Magali Josse, a requis deux ans de prison avec sursis pour les deux prévenus, soulignant l'absence de secours immédiats et la gravité des conséquences pour la victime. Les deux prévenus, qui n'avaient aucun casier judiciaire avant cet incident, ont été mis à pied après les faits, puis licenciés. Anthony a retrouvé un emploi, tandis que Messaoud, qui conteste son licenciement, est actuellement au chômage.


Une décision mise en délibéré


La décision du tribunal a été mise en délibéré et sera rendue le 8 septembre prochain. La justice devra déterminer la responsabilité de chacun et rendre une décision qui, espérons-le, apportera une forme de justice à la victime. 

Deux interviews sont disponibles pour cet article

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