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Charleville-Mézières : un conducteur jugé pour avoir fauché des gilets jaunes , décision attendue le 13 mars

24/01/2023 - 05:03 - Rédigé par René Ait Braham et Jean Florent Kembakou

Charleville-Mézières : un conducteur jugé pour avoir fauché des gilets jaunes , décision attendue le 13 mars


Gilets jaunes fauchés en novembre 2018 : le conducteur du véhicule sera fixé sur son sort le 13 mars. Maladresse, imprudence, inattention, négligence, autant de comportements qui, selon le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières, avaient conduit Steven à foncer dans la foule de gilets jaunes. Quatre d’entre eux avaient été blessés dont un, grièvement. Le pronostic vital de ce dernier avait même été engagé.
C’était le 17 novembre 2018. Un samedi. Les gilets jaunes s’étaient mobilisés dans les Ardennes comme dans d’autres départements en France. Ils s’étaient donné rendez-vous entre Villers-Semeuse et Charleville-Mézières. La foule était compacte.La circulation des véhicules, difficile. Sur ces entrefaites, Steven, revenant du centre commercial de Villers-Semeuse vers Charleville-Mézières, ne pouvait poursuivre librement sa route. Il avait foncé dans la foule. Colère ou peur ? Les versions divergent.
Le prévenu a expliqué aux juges qu’il avait eu peur parce qu’il s’était senti menacé. Parmi les personnes qui s’étaient retrouvées sur le capot de sa voiture, une s’était agrippée à sa portière. Il l’avait traînée sur quelque 200 ou 300 mètres.
Selon les victimes, il avait foncé délibérément dans la foule et blessé quelques manifestants. Deux frères, les plus grièvement atteints, s’étaient constitués parties civiles. Etranglés par l’émotion, ils se sont néanmoins donné la force de se présenter à la barre pour expliquer au tribunal leurs traumatismes. Mickaël d’abord : “Il est difficile pour moi de faire le deuil de la personne que j’étais. Je ne peux plus travailler”. Ensuite Anthony : “Il m’avait traîné sur 200 mètres environ. Depuis, je ne fais que des cauchemars”. Deux autres parties civiles ont préféré s’en tenir au dossier sans rien déclarer de plus.
Assis sur une chaise après le malaise qu’il a fait en début d’audience, le conducteur, auteur présumé des faits, ruminait des remords en écoutant les récriminations. Invité à s’expliquer, il a déclaré : “Je reconnais les faits. Je n’aurais pas dû accélérer. Je regrette mon geste et je m’excuse auprès des personnes blessées. Elles sont traumatisées à cause de moi. Elles ne parviennent pas à avancer dans la vie. Je leur ai fait du mal ainsi qu’à leurs familles. Je m’en veux énormément.”.
Jamais condamné, cet homme de 35 ans, originaire de Maubeuge, était poursuivi pour blessures involontaires avec incapacité inférieure ou supérieure à trois mois, transport sans motif légitime d’arme blanche. Ce couteau a été trouvé dans la voiture de Steven quand, pendant sa fuite, il a été intercepté à Warcq par les policiers.
Le jour des faits, il était venu voir une amie à Charleville-Mézières. Celle-ci lui avait proposé une sortie vers le centre commercial de Villers-Semeuse. C’est en revenant dans la cité de Gonzague que le conducteur a forcé les deux barrages de gilets jaunes avec les conséquences pour lesquelles Marlène Borde, substitut du procureur de la République, a demandé qu’il soit condamné à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis probatoire assorti des obligations de se soigner, de travailler, d’indemniser les victimes. A cette demande s’ajoutent l’annulation du permis de conduire, l’interdiction du port d’arme pendant trois ans, la confiscation d’arme et de véhicule.
L’avocat de la défense, Me Vallet, a plaidé la clémence pour permettre à son client de continuer à exercer son métier de chauffeur à Maubeuge. La présidente du tribunal correctionnel, Camille Ruhlmann, et ses assesseurs feront connaître leur décision le 13 mars prochain.

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